A partir d’un minutieux travail d’archives, Didier Nourisson retrace dans son ouvrage La saga Coca-Cola, l’histoire de cette boisson qui a « cocacolonisé » le monde. Extrait :
« En 1931, afin de relancer les ventes et d’inciter les consommateurs à boire en plein hiver, la société Coca-Cola fait main basse sur le Père Noël. L’artiste Haddon Sundblom, venu du nord scandinave lui aussi, redessine le bonhomme : un ventre rebondi que masque mal une barbe volumineuse, un pantalon, une tunique, un bonnet d’un rouge éclatant bordés d’une fourrure blanche, un air débonnaire et un éternel sourire à la bouche, l’homme apporte « le bon goût pour tous ». Au Etats-Unis et dans les pays anglophones, les enfants réclament leur part de rêve, la bouteille, avec ce slogan « moi aussi ». En France et dans les pays francophones, le bonhomme tient à la main une bouteille décapsulée, après avoir posé les jouets au pied du sapin, et invite à « l’emporter chez vous ». Les dessins de Sundblom sont diffusés dans la presse pendant près de trente-cinq ans, et ensuite à la télévision, partout dans le monde. Après la mort de son premier modèle, un retraité de la Compagnie, Sundblom se représente lui-même en Santa Claus. Le rouge mêlé au blanc, c’est Coca. Le Père Noël a été « cocacolonisé ». « Avec Coke, y a d’la joie ! » : ce n’est pas une chanson du bondissant Trenet, mais un slogan du Père Noël. »
In NOURISSON DIDIER, La saga Coca-Cola, Paris, Larousse, 2008, P 140