David McCandless est « datajournaliste ». A travers chiffres et statistiques, il extrait de l’actualité sa substantifique moelle, puis la représente de façon ludique et graphique.
Les angoisses de la presse américaine ressortent ainsi comme des pics réguliers, des « taupinières devenues montagnes », faisant écho à des modèles cachés. Par exemple, la résurgence régulière, en novembre et en avril, dans les journaux américains, du thème des dangers des jeux vidéo s’explique par les achats de Noël et le souvenir de la fusillade de Columbine en avril 1999. Au plaisir de comprendre ce qui se cache derrière la profusion des chiffres et des informations se joint un plaisir esthétique surprenant, devant l’inventivité par exemple des bulles colorées qui décrivent les causes de mort les plus répandues.
Le Monde du 26 novembre 2011 lui consacre un article, à l’occasion de la publication en français de son livre Datavision, publié chez Robert Laffont. Dans ce livre, il joue tant avec le frivole, créant des nuages des prénoms les plus utilisés sur Second Life (Rob, Charles et Pablo), qu’avec le plus sérieux : « Il m’a fallu consulter plus de deux mille études dans les bases de données médicales » pour concevoir avec exactitude la double page consacrée aux effets des compléments nutritionnels. Son bel ouvrage permet en tout cas de déchiffrer de façon ludique une actualité qui à parfois trop déverser les faits se condamne à n’être pas entendue.
David McCandless, Datavision, Robert Laffont, 2011
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