Le Point dévoilait le 24 novembre 2011 un classement subjectif des meilleurs livres de 2011. Un petit panel de jurés, de Jean Paul Enthoven à Elisabeth Lévy, a procédé à une sélection riche et diverse.
On y retrouve le Limonov d’Emmanuel Carrère, primé par le Renaudot et publié chez POL : l’histoire d’un excentrique, « poète voyou », icône punk et marchand d’armes.
Delphine de Vigan et son sensible Rien ne s’oppose à la nuit signe, d’après le jury, « le roman le plus bouleversant de la rentrée littéraire », publié chez JC Lattès.
Sylvain Tesson nous entraîne Dans les forêts de Sibérie, au bord du lac Baïkal, auprès duquel il se ressource loin des bruits du monde, dans une aventure salutaire et intime.
Cette solitude choisie tranche avec les destinées collectives du tome 1 de L’origine des systèmes familiaux, par Emmanuel Todd, publié chez Gallimard. Il s’agit d’une colossale entreprise intellectuelle fondée sur quarante ans de recherche, qui nous ramène aux racines de l’Occident avec le modèle archaïque de la famille nucléaire.
La famille semble revenue au premier rang des préoccupations des auteurs cette année.
Jeanne, paru aux Editions de Fallois, rappelle à nous la mémoire de Jacqueline de Romilly, première femme professeur au Collège de France, disparue cette année ; à l’instar de Delphine de Vigan, elle consacre cet ouvrage à sa mère.
Est sélectionné sans surprise L’art français de la guerre, d’Alexis Jenni, publié chez Gallimard et déjà primé au Goncourt. L’ouvrage, qui traite de la colonisation, égratigne quelques mythes au passage.
Les trois volumes de L’histoire de la virilité, par Alain Corbin, Georges Vigarello et Jean-Jacques Courtine, publiés au Seuil, recomposent les figures traditionnelles de la masculinité.
A période de crise et d’incertitudes, palmarès rassurant, pourrait on déduire de cet exercice.
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