Internet favorise la multiplication des sources et des médias.
La gratuité de ses contenus a longtemps été accusée de détruire peu à peu le monde du journalisme et de l’édition. Pourtant, la richesse des données que la toile met à portée de main, les lectorats qu’ouvrent les blogs doivent nous faire réfléchir à ce qu’Internet peut apporter à l’écrit, et en particulier à l’écrit littéraire. Les Inrockuptibles consacraient le 28 septembre 2011 un article à ce que la révolution numérique a apporté aux écrivains qui l’apprivoisent.
François Bon s’y agace notamment du discrédit porté sur les réseaux sociaux au nom des distractions qu’ils supposent, empêchant l’introspection nécessaire à l’écriture : « On nous emmerde avec Twitter, mais Proust passait son temps à écrire des pneus, le Twitter de l’époque. Ca ne me gêne pas de travailler un texte tout en étant connecté à Twitter et en écoutant de la musique sur Spotify. Il faut certes se concentrer mais en même temps il n’y a rien de nouveau à écrire au milieu des bruits et des conversations. » Là où Perec pouvait écrire la Tentative d’épuisement d’un lieu parisien, l’écrivain se trouve désormais confronté à l’inépuisable renouvellement des ressources de la toile. Si les éditeurs ont du mal, pour cause de droits, à accepter la numérisation de l’écrit publié, les écrivains apprivoisent avec plaisir « l’impression de la liberté du carnet et du crayon » de François Bon, avec les blogs, et « l’ardoise magique » de l’Ipad pour Marie Darrieussecq. L’Internet se fait cahier, transportable à volonté et lisible par n’importe qui. Il offre en amont des possibilités de recherche immenses : selon Liberati, sa Jayne Mansfield 1967 n’aurait pu être écrite 20 ans plus tôt, faute des moyens techniques permettant aujourd’hui un voyage hyperréaliste de son fauteuil. Google Earth a ainsi permis à l’écrivain de visualiser les lieux sans s’y rendre, de les reconstituer – notamment celui de l’accident de la starlette. Si la lecture est dépaysement et ouverture, alors l’Internet ne ferait finalement qu’enrichir le voyage en permettant de le rendre accessible au plus grand nombre.
La multiplication des blogs et autres plateformes d’expression parle en ce sens, et donne à voir la richesse de ce qu’entre de bonnes mains écrivantes, l’Internet peut offrir.
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