Louis Bériot, Ces animaux qu’on assassine, Fayard, 2012
La mouvance des droits des animaux fait des émules avec la nouvelle emprise sur les esprits et le débat public de la question du développement durable. Cet intérêt pour la condition animale, richement questionnée par la philosophe Elizabeth de Fontenay avec Le silence des bêtes, paru chez Fayard en 1998, trouve ici une nouvelle expression avec Ces animaux qu’on assassine, par Louis Bériot, riche enquête publiée chez Fayard ce mois-ci. L’auteur, renommé pour ses positions en faveur de la protection de la nature depuis les années 70, mène ici son combat pour la protection du tigre, des éléphants et autres animaux victimes de la mondialisation du trafic qui utilise leur ivoire et leur viande.
« Où est le problème ? demandai-je. On a fait d’un tueur un gros chat. Ça fait des milliers d’années que l’homme s’amuse à transformer les bêtes sauvages en animaux domestiques (…) Le tigre n’est-il pas qu’un animal de plus dans sa longue expérience de domestication ?
Sarah Christie nous précisa que les tigres étaient un indicateur précieux de la santé de l’écosystème des forêts ; sauver le tigre était un réel défi et serait un test. « Si nous le relevons, ajouta-t-elle, nous pourrons, peut-être encore, sauver la planète » (…)
- Vous êtes une militante des droits des animaux, lâchai-je en guise de compliments.
- Sûrement pas ! rétorqua Sarah Christie, sur un ton qui frisait l’indignation. Je n’ai rien à voir avec ces gens-là, c’est un autre monde. La défense de l’intégrité des animaux a davantage besoin de recherche scientifique, d’études, de sérieux que de déclarations émotionnelles. »
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