« Je m'appelle Clyde Wayne Franklin, je suis un prescripteur de poisons poétique, et un fournisseur d'alphabet. Je suis tatoué de lettres sur la nuque le torse le dos les fesses l'entrejambe les bras les jambes les pieds et les mains. Je suis un langage en acte, muni d'une hache, d'un revolver et d'un stylo. Le monde se cache, horrifié, à mon approche. On m'appelle l’Homme Alphabet. »
Richard Grossman n’ambitionne rien de moins avec ce roman qui joue avec les contraintes ordinaires de la narration et de la langue que d’inventer une nouvelle littérature américaine. Gilles Heuré, dans Télérama du 22 janvier 2011, évoque des répétitions graphiques qui constituent une « partition de lettres», davantage même qu’un roman inclassable.
Dans ce triptyque inspiré de la Divine Comédie, le livre consacré au Paradis sera un livre numérique, mis en ligne fin 2011. L’auteur explique cette mise en forme dans Chronic’art de février-mars 2011 :
« Il fallait une forme à même de capturer l’infinité du paradis. Dans la version en ligne, le livre changera de forme et de contenu de manière imprévisible et aléatoire tous les douze jours. C’est une brise, cela change en continu. (…) Il y aura aussi une version imprimée de trois millions de pages, exposée dans une salle de lecture à Los Angeles.»
Une belle façon de questionner l’objet livre, la littérature, qu’il dit « détruite par l’usage actuel de la métaphore », et la dématérialisation de la lecture, rendue prégnante par le progrès des liseuses...
Richard Grossman, L’Homme-Alphabet, le Cherche-Midi, 2011
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