En 2007, deux prix littéraires font scandale et posent la question de la nécessité d’institutionnaliser la création. L’attribution du prix de Flore, destiné à récompenser un premier roman, à une « inconnue » nommée Amélie Nothomb, celle du prix Renaudot à Daniel Pennac, qui ne figurait pas sur la liste des candidats proposés au prix, marquent les limites du prix littéraire.
On peut en effet lire dans ce rejet par le jury des listes proposées et du système des favoris une remise en question du système même des prix, qui va du Prix Nobel, créé en 1901, au Prix des Impertinents, créé en octobre 2009. Ce dernier récompense les ouvrages dont le jury estime qu’ils vont « à contre courant de la pensée unique » ; or, se faire le véhicule de cette pensée est justement le reproche cinglant adressé dans les colonnes du Monde au Goncourt et à son pendant, le prix Renaudot.
Elus à vie, les jurés du Goncourt sont en effet régulièrement en butte à des accusations d’académisme et de favoritisme, « Les prix littéraires tuent car, chaque année, ces manigances élèvent au rang de best-seller une littérature parfois frelatée, sans dimension épique, sans réelle ambition stylistique, créative ou sociétale » écrit ainsi Luis de Miranda, auteur et éditeur, le 20 novembre, dans une tribune du Monde.
Comment rendre un prix crédible ?
Il doit durer pour être une vraie distinction qui honore. Il doit être libre et garder, grâce à ses membre, sa force de jugement. Il est toutefois indispensable car tout homme aime la reconnaissance.
Le prix Wepler et certains autres prix ont décidé de lutter contre ces travers, de s’imposer pour exister, prendre un contre-pied créatif qui ne tombe pas dans la critique. Alors espoir…
Le Goncourt et le Flore n’auraient-ils pas tout simplement vieilli ? Y a-t-il un temps juste pour la durée d’un prix, pour qu’il s’institutionnalise mais ne finisse pas non plus par « pourrir » ?
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