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Malgré le respect suscité par ses engagements et sa rigueur morale, salués par l’ensemble de la classe politique française, le décès de Danielle Mitterrand a donné lieu à une démonstration de laxisme grammatical rare dans le contexte d’un communiqué officiel. Là où l’écrit vise à montrer l’attachement à une certaine image de la France et le désir de rendre hommage à la dignité d’une défunte exemplaire, on trouve au contraire la marque d’une précipitation qui laisse peu de place à l’attention et à la correction –dans tous les sens du terme.
On parle ainsi d’"une femme qui n'abdiqua jamais ses valeurs et poursuivi jusqu'au bout de ses forces les combats qu'elle jugeait justes." Cette même femme admirable « su faire preuve d'une indépendance d'esprit, d'une volonté et d'une dignité exceptionnelle."
Sur un communiqué de quelques lignes, on trouve une abondance de fautes qui a fait dire à l’Express que « la France que nous aimons » mentionnée dans le texte ne devait pas être celle des dictionnaires Larousse.
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Patrick Henry, Les 101 mots de l’urbanisme à l’usage de tous, Archibooks, 2011
Extrait :
Ecologie urbaine (écologie du réel)
« Bruno Latour a écrit que « l’écologie n’a rien à voir avec la prise en compte de la nature, de ses intérêts et de ses buts propres ; elle est plutôt une autre façon de tout considérer. Ecologiser une question, un objet, une donnée, ce n’est pas le remettre dans son contexte, lui créer un écosystème, c’est l’opposer, terme à terme à une autre activité , poursuivie depuis trois siècles, et que l’on appelle, faute de meilleur terme, mondialisation. »
Assurément provocatrice, cette définition entend dépasser la partition traditionnelle qui oppose nature à société.
Désormais, il faudrait, si l’on suit le raisonnement de Bruno Latour, considérer que les objets –par exemple : la rivière— « servent à la fois de fin et moyen pour ceux qui prétendent les aménager. »
L’écologie appliquée à la ville pourrait s’appuyer sur cette définition, en considérant que chaque objet est déterminé pour lui-même, qu’il possède une valeur. Bien qu’il agisse dans un ensemble plus vaste avec lequel il interagit, il restera lui-même dans le processus de transformation. C’est une façon de prendre en compte le réel, au sens où il intègre le passé comme le futur.
L’écologie urbaine intègre les conséquences des actions humaines dans l’habitat et de nos actes sur notre milieu, non seulement écologique au sens strict, mais aussi humain, social et sociétal. »
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En 2007, deux prix littéraires font scandale et posent la question de la nécessité d’institutionnaliser la création. L’attribution du prix de Flore, destiné à récompenser un premier roman, à une « inconnue » nommée Amélie Nothomb, celle du prix Renaudot à Daniel Pennac, qui ne figurait pas sur la liste des candidats proposés au prix, marquent les limites du prix littéraire.
On peut en effet lire dans ce rejet par le jury des listes proposées et du système des favoris une remise en question du système même des prix, qui va du Prix Nobel, créé en 1901, au Prix des Impertinents, créé en octobre 2009. Ce dernier récompense les ouvrages dont le jury estime qu’ils vont « à contre courant de la pensée unique » ; or, se faire le véhicule de cette pensée est justement le reproche cinglant adressé dans les colonnes du Monde au Goncourt et à son pendant, le prix Renaudot.
Elus à vie, les jurés du Goncourt sont en effet régulièrement en butte à des accusations d’académisme et de favoritisme, « Les prix littéraires tuent car, chaque année, ces manigances élèvent au rang de best-seller une littérature parfois frelatée, sans dimension épique, sans réelle ambition stylistique, créative ou sociétale » écrit ainsi Luis de Miranda, auteur et éditeur, le 20 novembre, dans une tribune du Monde.
Comment rendre un prix crédible ?
Il doit durer pour être une vraie distinction qui honore. Il doit être libre et garder, grâce à ses membre, sa force de jugement. Il est toutefois indispensable car tout homme aime la reconnaissance.
Le prix Wepler et certains autres prix ont décidé de lutter contre ces travers, de s’imposer pour exister, prendre un contre-pied créatif qui ne tombe pas dans la critique. Alors espoir…
Le Goncourt et le Flore n’auraient-ils pas tout simplement vieilli ? Y a-t-il un temps juste pour la durée d’un prix, pour qu’il s’institutionnalise mais ne finisse pas non plus par « pourrir » ?
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Jean-Didier Vincent, après avoir été président du conseil de département des sciences de la vie du CNRS, professeur à l'Institut universitaire de France et à la Faculté de médecine de Paris-Sud, directeur de l'Institut de neurobiologie Alfred Fessard du CNRS, est désormais membre de l’Institut et de l’Académie de médecine. Sa position de chercheur pionnier en neuroendocrinologie se complète d’une réflexion sur l’éthique des sciences qu’il nourrit dans le cadre de plusieurs comités d’éthique (COMEPRA, UNESCO, ICSU).
« Le clonage permettra le triage d’embryons, l’élimination comme l’ajout de certains gènes ; on fera même des Frankenstein réussis—des chimères, au strict sens du mot. Sans même évoquer les questions d’éthique, auxquelles il serait bon de réfléchir en amont, les conséquences sur le plan social risquent d’être particulièrement destructrices. Le sexe n’ayant plus d’importance, que restera-t-il de nos amours ? Complètement séparés de la reproduction, que vont devenir le désir, l’érotisme, la culture qui est toujours, peu ou prou, sexuelle ? Il faudra enterrer solennellement le Dr Freud ! ( …) J’ai rencontré un prophète et grand mathématicien nommé Eliezer Yudkowsky, qui ne désespère pas de créer des algorithmes grâce auxquels on pourra introduire dans les cerveaux de la pensée nouvelle et des capacités de conceptualisation, pour l’heure inimaginables. Penser l’impensable ! Mais que sera l’impensable dès lors que nous n’aurons plus l’angoisse de la mort et de l’au-delà, sur quoi se construit la métaphysique ? Frustrés au départ, frustrés à l’arrivée ! »
Jean Didier Vincent, Le Figaro Magazine, 28 octobre 2011
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Olivier Frébourg, Gaston et Gustave, Mercure de France, 2011
« Un médecin nous ouvre, me tend la main :
- Vincent Laudenbach.
Son nom provoque de ma part une interrogation immédiate :
- Vous êtes en famille avec Roland Laudenbach ?
- C’était mon grand-père.
Pendant onze ans, avant de créer ma propre maison d’édition, j’ai vécu dans l’ombre de ce directeur littéraire de La Table Ronde, qui publia Anouilh, Blondin, Déon, Nimier, Frank, Matzneff. Son petit-fils a récupéré Gaston à l’aube : j’y vois un signe. Il me fait entrer dans la salle des parents (…)
Vincent Laudenbach a un visage noble, un regard un peu triste et las. Il aurait pu jouer dans une pièce de Corneille. J’imagine ce qu’il doit endurer dans son quotidien de médecin réanimateur. Je l’interroge sur le ralentissement cardiaque de Gaston pendant son transfert, dont mon frère m’a parlé au téléphone juste avant mon arrivée au CHU. « On a stabilisé. C’est maîtrisé. » »
« La littérature ? Aucun livre ne vient à mon secours mais plutôt le processus de l’écriture qui absorbe cette naissance comme du papier buvard. J’ai été expulsé du bonheur familial. Flaubert rôde. Je le sens : il s’impose à moi. Je l’avais pourtant presque mis entre parenthèses. »
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« Je m'appelle Clyde Wayne Franklin, je suis un prescripteur de poisons poétique, et un fournisseur d'alphabet. Je suis tatoué de lettres sur la nuque le torse le dos les fesses l'entrejambe les bras les jambes les pieds et les mains. Je suis un langage en acte, muni d'une hache, d'un revolver et d'un stylo. Le monde se cache, horrifié, à mon approche. On m'appelle l’Homme Alphabet. »
Richard Grossman n’ambitionne rien de moins avec ce roman qui joue avec les contraintes ordinaires de la narration et de la langue que d’inventer une nouvelle littérature américaine. Gilles Heuré, dans Télérama du 22 janvier 2011, évoque des répétitions graphiques qui constituent une « partition de lettres», davantage même qu’un roman inclassable.
Dans ce triptyque inspiré de la Divine Comédie, le livre consacré au Paradis sera un livre numérique, mis en ligne fin 2011. L’auteur explique cette mise en forme dans Chronic’art de février-mars 2011 :
« Il fallait une forme à même de capturer l’infinité du paradis. Dans la version en ligne, le livre changera de forme et de contenu de manière imprévisible et aléatoire tous les douze jours. C’est une brise, cela change en continu. (…) Il y aura aussi une version imprimée de trois millions de pages, exposée dans une salle de lecture à Los Angeles.»
Une belle façon de questionner l’objet livre, la littérature, qu’il dit « détruite par l’usage actuel de la métaphore », et la dématérialisation de la lecture, rendue prégnante par le progrès des liseuses...
Richard Grossman, L’Homme-Alphabet, le Cherche-Midi, 2011
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A l’heure où une forme de méfiance de plus en plus épidermique s’installe dans les esprits vis-à-vis des réseaux sociaux, certaines entreprises ont compris que le lien à Internet est à réinventer. Axa France publie un guide du Bon Sens Numérique à mettre entre les mains de tous les réticents qui doutent encore de l’utilité d’une identité numérique bien conçue. La présence sur le Web peut avoir plus d’un effet bénéfique dans notre société où les communautés de pensée et de profession se reconstituent sur les réseaux sociaux, dont une utilisation habile enrichit carnets d’adresse et perspectives. Elle présente cependant des dangers, dont il s’agit de se prémunir en s’attachant à protéger sa « marque personnelle » par une veille constante, dont se chargent déjà certaines entreprises. Il s’agit de marquer les esprits, de se démarquer, sans pour autant voir sa réputation numérique ternie par un manque d’attention à ce que l’on laisse apparaître de soi. Il s’agit avant tout d’opter pour une utilisation responsable du net, en gardant à l’esprit la volatilité des contenus que l’on y poste.
Bravo !
retrouvez le guide sur le site d'Axa France
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