Olivier Frébourg, Gaston et Gustave, Mercure de France, 2011
« Un médecin nous ouvre, me tend la main :
- Vincent Laudenbach.
Son nom provoque de ma part une interrogation immédiate :
- Vous êtes en famille avec Roland Laudenbach ?
- C’était mon grand-père.
Pendant onze ans, avant de créer ma propre maison d’édition, j’ai vécu dans l’ombre de ce directeur littéraire de La Table Ronde, qui publia Anouilh, Blondin, Déon, Nimier, Frank, Matzneff. Son petit-fils a récupéré Gaston à l’aube : j’y vois un signe. Il me fait entrer dans la salle des parents (…)
Vincent Laudenbach a un visage noble, un regard un peu triste et las. Il aurait pu jouer dans une pièce de Corneille. J’imagine ce qu’il doit endurer dans son quotidien de médecin réanimateur. Je l’interroge sur le ralentissement cardiaque de Gaston pendant son transfert, dont mon frère m’a parlé au téléphone juste avant mon arrivée au CHU. « On a stabilisé. C’est maîtrisé. » »
« La littérature ? Aucun livre ne vient à mon secours mais plutôt le processus de l’écriture qui absorbe cette naissance comme du papier buvard. J’ai été expulsé du bonheur familial. Flaubert rôde. Je le sens : il s’impose à moi. Je l’avais pourtant presque mis entre parenthèses. »
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