Patrick Henry, Les 101 mots de l’urbanisme à l’usage de tous, Archibooks, 2011
Extrait :
Ecologie urbaine (écologie du réel)
« Bruno Latour a écrit que « l’écologie n’a rien à voir avec la prise en compte de la nature, de ses intérêts et de ses buts propres ; elle est plutôt une autre façon de tout considérer. Ecologiser une question, un objet, une donnée, ce n’est pas le remettre dans son contexte, lui créer un écosystème, c’est l’opposer, terme à terme à une autre activité , poursuivie depuis trois siècles, et que l’on appelle, faute de meilleur terme, mondialisation. »
Assurément provocatrice, cette définition entend dépasser la partition traditionnelle qui oppose nature à société.
Désormais, il faudrait, si l’on suit le raisonnement de Bruno Latour, considérer que les objets –par exemple : la rivière— « servent à la fois de fin et moyen pour ceux qui prétendent les aménager. »
L’écologie appliquée à la ville pourrait s’appuyer sur cette définition, en considérant que chaque objet est déterminé pour lui-même, qu’il possède une valeur. Bien qu’il agisse dans un ensemble plus vaste avec lequel il interagit, il restera lui-même dans le processus de transformation. C’est une façon de prendre en compte le réel, au sens où il intègre le passé comme le futur.
L’écologie urbaine intègre les conséquences des actions humaines dans l’habitat et de nos actes sur notre milieu, non seulement écologique au sens strict, mais aussi humain, social et sociétal. »
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