Dans une interview accordée pendant l’université du Medef, Luc Ferry désignait comme projet majeur de l’Education nationale en France, la lutte contre l’illettrisme. Ce fléau touche, selon les chiffres de l’enquête de l’ANLCI en 2010, 3 millions de personnes en France, qui, bien qu’elles aient bénéficié d’apprentissages de la lecture, n’en ont pas la maîtrise.
Marie-Claire Carrère-Gée, présidente du Conseil d’orientation pour l’emploi, s’exprime à ce sujet dans Le Figaro du 24 octobre 2011. Outre l’exclusion du « plaisir de lire » que mentionnait Luc Ferry, il s’agit pour elle de faire remarquer combien les conditions de vie des illettrés sont affectées au quotidien par leur incapacité à lire.
Ne pas changer cette situation relève, selon elle, de la « non assistance à personne en danger », car les illettrés sont mis en situation difficile par tout changement professionnel, une reconversion étant compliquée par l’impossibilité de suivre une formation.
Ce phénomène concerne actuellement 8% des salariés en France, ce qui conduit Madame Carrère-Gée à réclamer un plan associant à la fois Etat, collectivités locales et entreprises, pour permettre de généraliser tant les tests adaptés à la prévention de l’illettrisme que les formations permettant d’en sortir.
Ce qui était resté un tabou dans l’entreprise devient désormais le socle d’une nouvelle responsabilisation des employeurs face à la nécessité d’un dialogue avec les plus fragiles.
« Ne pas savoir lire ni écrire est la source d’un profond désarroi personnel. VIVRE ‘normalement’ est un défi de chaque jour. Difficile de s’orienter, de se déplacer. Difficile de faire faire leurs devoirs aux enfants, de remplir des papiers. Trouver des stratégies de contournement pour dissimuler sa situation. Ne jamais s’écarter du trajet habituel dans les transports en commun. »
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