Un article de version femina nous rappelle avec Danièle Boone que la capacité d’apprentissage des animaux – en particulier celle des chiens – les rend parfaitement capables d’un langage commun. Une expérience hongroise, citée par le magazine, a en effet prouvé que l’aboiement de chiens différents peut-être compris dans sa motivation et son sens, y compris par un homme ne possédant pas de chien.
La question du langage devient dès lors celle d’un dialogue de bêtes entre l’homme, désormais soucieux de durabilité et d’écologie, et l’animal, digne de respect en tant qu’il est doté de langage et d’outil de sens. Quoique limitées, les capacités du chien à comprendre le mot et le geste à demi-mot, par l’intonation et la répétition, donnent à penser sur la capacité de la publicité à éveiller chez l’homme lui même, par des stimuli précis, le même genre de réaction fidèle et commandée. La maîtrise de son désir est-elle à la portée de l’homme, comme la maîtrise du langage est, on le sait désormais, dans une certaine mesure à la portée du chien ?
Colette, Dialogues de bêtes, Folio, 1976
« Kiki-la-Doucette : Peut-être. Les Deux-Pattes - ni toi – n'entendent rien à l'égoïsme, à celui des Chats... Ils baptisent ainsi, pêle-mêle, l'instinct de préservation, la pudique réserve, la dignité, le renoncement fatigué qui nous vient de l'impossibilité d'être compris par eux. Chien peu distingué, mais dénué de parti pris, me comprendras-tu mieux ? Le chat est un hôte et non un jouet. En vérité, je ne sais en quel temps nous vivons ! Les Deux-Pattes, Lui et Elle, ont-ils seuls le droit de s'attrister, de se réjouir, de laper les assiettes, de gronder, de promener par la maison une humeur capricieuse ? J'ai, moi aussi, MES caprices, MA tristesse, mon appétit inégal, mes heures de retraite rêveuse où je me sépare du monde... »