L’été dernier les tubes s’harmonisaient avec le mondial sud-africain. Souvenons-nous de la danse endiablée de Shakira avec « Waka Waka », du soutien « Allez, ola, olé » de Jessy Matador, ou encore le « Wavin’Flag » de K’naan et Féfé.
Cette année, la création semble plus hétéroclite entre « A nos actes manqués » de M. Pokora, « L’horloge tourne » de Mickaël Miro, « Aurélie » de Colonel Reyel, « Judas » de Lady Gaga, « On the floor » de Jennifer Lopez.
Eliminons d’emblée les resucées. « A nos actes manqués », que l’on savait mythique et en mémoire, resurgit. Quelles que soient les qualités de la chanson, le manque de créativité nous exaspère.
Alors, du côté des nouveautés ?
Mickaël Miro évoque l’éternel, l’ancestral, l’inoxydable, le récurrent thème du temps qui passe. Mais par le biais du SMS. Là se trouve l’originalité de la chanson. Les nouvelles technologies, nous l’avons souvent dit, installent le présent perpétuel et le flux de l’immédiateté. Ici, au contraire, le SMS rythme l’écoulement du temps. Pour le reste, la douloureuse nostalgie du paradis perdu de l’enfance reste au top, sans surprise.
On aurait pu croire que le Colonel Reyel, avec un nom si martial, déploierait un texte musclé. Quelle déception ! Une mièvrerie boursouflée de bons sentiments, un vocabulaire plat : une dizaine de verbes être, autant de verbes avoir quatre fois le verbe faire, des mots aussi riches que chose ou bâtard ou encore sa maman, son papa. La chanson raconte un fait de société : Aurélie enceinte à 16 ans est abandonnée par le père de l’enfant. La justesse de la musique et des mots aurait pu rendre émouvante une histoire triste et déjà connue. Mais Aurélie semble devenue grosse de toute la guimauve qu’elle a avalée…
Avec Lady Gaga, la transition est brutale. « I’m in love with Judas », nous voilà dans la transgression. A en croire les commentaires des internautes sur les réseaux sociaux, nous touchons même au blasphème. Le thème de l’amour pur d’une jeune fille qui sauve l’âme égarée du pécheur a déjà été vu. Mais la rapidité du rythme entraîne au déhanché et la force de la musique chercherait à faire oublier le reste mais n’y parvient pas.
Jennifer Lopez s’empare de La lambada version dance et invite justement à la danse.
« Dance the night away
Live your life and stay young on the floor. »
Que dire ?
Il n’y a pas que Johnny qui soit pathétique. Quel que soit l’air, même un grand chanteur a besoin de paroles fortes. Cela n’est peut-être pas pour rien que les chansons de Jean-Jacques Goldman parcourent toujours les ondes.
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