Joël Molinaro, maître de conférence au Theologicum de Paris affirme dans un article publié le 18 juin 2011 dans le journal La Croix que « la langue de bois débute quand les mots font blocs et ne respirent plus ». Il cite à l’appui de ses propos Christian Delporte « le discours de la langue de bois reconstruit le réel en mobilisant et répétant inlassablement les mêmes mots et formules, les mêmes lieux communs, les mêmes termes abstraits.* »
Le langage n’est donc plus vivant. Il a perdu sa chair et son sang. Il se rapproche de ce que dénonce Martine Chausson dans Parlez-vous la langue de bois ? Petit traité de manipulation à l’usage des innocents** : le politiquement correct. Selon l’auteur, les orateurs revêtent leurs propos d’un « prêt-à-penser » qui camoufle mal l’absence d’idée ou pire l’absence d’audace pour les formuler.
A l’heure du benchmarking, toutes les entreprises parlent le même langage. Elles prônent les mêmes valeurs. Et au lieu de chercher à se différencier, elles surenchérissent sur des propos déjà existants.
Ne nous étonnons donc pas si les concepts de démondialisation, ou démobilisation, ou démotivation font surface.
*Christian Delporte, Une histoire de la langue de bois, Flammarion, 2009
**Martine Chausson, Parlez-vous la langue de bois ? Petit traité de manipulation à l’usage des innocents, Point, 2007
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