Récemment, une étude américaine : Metaphors We Think With : The Role of Metaphor in Reasoning menée par Paul H. Thibodeau & Lera Boroditsky (département de psychologie de l’Université de Stanford) met en évidence que la métaphore n’est pas qu’une simple figure de style, une décoration mais un instrument de travail intellectuel. Elle favorise la conceptualisation, structure la pensée et invite, par association d’idées, à élargir le cadre de nos réflexions.
Leurs travaux font référence à l’ouvrage de George Lakoff : Les métaphores dans la vie quotidienne aux Editions de Minuit pour qui « il y a des aspects fondamentaux de notre expérience dont nous ne pouvons pas ne pas parler de façon métaphorique, tout simplement parce que les concepts au moyen desquels nous appréhendons ces aspects de l’expérience sont d’emblée métaphoriques ».
Un langage métaphorique est donc l’indice d’un langage de qualité. Il est complexe car il évoque ce que les mots peinent à décrire mais aussi pédagogique car, par association avec une autre réalité, il aide à la compréhension d’une idée nouvelle et pointue. C’est aussi un langage esthétique car l’image représente le fondement même de la poésie.
Ainsi, on ne saurait trop encourager les entreprises à rechercher les images qui les caractérisent, à forger des métaphores pour muscler leurs propos et à renforcer leur signature sémantique.