Une grande entreprise du secteur de l’énergie distribue à ses managers un guide de bonne conduite. Mais les principes énoncés de cette fonction de manager sont tellement généraux qu’ils manquent de crédibilité.
Pourquoi est-ce trop général ?
Sur le plan de la forme
D’abord à cause de l’usage abusif de l’infinitif. Mode intemporel et impersonnel, il assène des grandes vérités. Ainsi on peut lire dans quelques-uns de ces recueils :
Faire du terrain un lieu de dialogue : l’équipe de France y a bien songé
Aller chercher les idées pour le progrès : serions-nous au CNRS ?
Mettre la mobilité en mouvement : soit
Ensuite en recourant à tout moment à l’article défini à valeur générale. Ainsi :
l’écoute,
le dialogue,
l’information,
le temps,
sont posés comme de grands concepts aussi dilués que sont les fondements qui régissent la création du monde.
Sur le fond
Les propos s’ajustent-ils pertinemment à la fonction de celui qui guide ?
Lorsque l’on voit dans des recueils :
Je sais dire merci et bravo,
On en doute.
Christophe Laval dans Plaidoyer pour la reconnaissance au travail (éditions www.livrebusiness.com, 2008) précise bien que les mots de remerciement ou d’encouragement sont étroitement associés à un sens. Il ne s’agit aucunement de monnaie de singe. L’auteur affirme au contraire la nécessité d’une relation sincère, réciproque et personnalisée. Il s’appuie à ce sujet sur les propos d’Anne Esling directrice du Développement RH de Redcats
« Il existe une infinité de manières de saluer les efforts et de récompenser les performances. Le secret est de savoir comment les collaborateurs apprécient d’être valorisés et de s’adapter en conséquence.
Gardons à l’esprit que chaque collaborateur nourrit des attentes différentes en ce qui concerne la reconnaissance de sa valeur. »
Savoir dire merci, savoir féliciter, c’est un art.
Commentaires